29 September 2017

LAISSEZ LA NATURE VOUS FAIRE DU BIEN !

POURQUOI ?

 

Parler d’un droit à la nature et la percevoir comme une source de bien-être aussi bien physique que mental peut sembler étonnant. Pourtant, à y regarder de plus près, on se rend compte que la nature nous fait objectivement du bien et que nous en priver serait à la fois faire l’impasse sur une source d’épanouissement certaine et nous priver de la réponse à un besoin fondamental.

Le besoin de la nature est profondément inscrit en nous

Le cerveau humain constitue une machine complexe issue d'un long processus d'évolution. Or, ce cerveau qui s’est constitué au fil de millions d’année évolue beaucoup plus lentement que les conditions de vie de l’être humain. Ainsi, la majorité des êtres humains en Europe sont aujourd’hui des urbains habitués à vivre dans un environnement largement artificialisé. Mais notre cerveau est encore largement celui d’un chasseur-cueilleur des steppes verdoyantes de nos origines préhistoriques. À cet égard, notre cerveau reste largement conditionné par un rapport à la nature et à l’environnement qui renvoie à cet espace de vie qui était celui de nos ancêtres. Notre cerveau est ainsi programmé pour réagir positivement (sentiment de plénitude, de sécurité, d’apaisement) lorsqu’il se trouve dans environnement présentant les caractéristiques de ce biotope premier. Parmi ces caractéristiques, citons le rôle apaisant et bien connu de la couleur verte et la couleur bleue, la présence de l’eau, l’absence d’excès de bruit et de mouvement, la possibilité de bénéficier d’espace couvert et d’une vision ouverte, les chants des oiseaux... Parce que nous sommes des êtres de nature, notre corps et notre esprit réagissent positivement à la présence dans notre environnement d’éléments naturels avec lesquels nous nous sentons en phase. C’est une expérience qui est relativement connue de quiconque a l’habitude de se rendre dans des espaces naturels au travers de randonnées ou au bord de la mer à l’occasion des vacances. Ces espaces apaisant contribuent à rendre l’expérience positive.

Néanmoins, il faut ici rappeler que parfois le retour à un contact avec une nature apaisée peu également faire ressortir des peurs, soit parce que ces peurs sont inscrites en profondeur (peur de se perdre, peur de certains animaux…), ou simplement parce que la personne n’est plus habituée à mobiliser des compétences et des savoirs-faire dans un environnement naturel. Le contact régulier avec la nature présente donc un double intérêt. Tout d’abord, il nous permet de puiser dans un sentiment de confiance et de bien-être que les espaces naturels tendent à faire naître chez nous, mais ils permettent également de se confronter à des peurs qui peuvent venir nous travailler en profondeur.

Des nombreuses expériences prouvent que la présence de la nature ou la forte renaturation d’un environnement ont des effets positifs sur un ensemble de phénomènes sociaux – notamment sur la maladie et la santé de la population, sur le taux de délinquance dans le territoire ou encore sur la qualité et la productivité du travail lorsqu’on considère une renaturation de l’espace de travail.

La bonne nouvelle est que le sentiment de la nature est indépendant de la quantité de nature. Notre cerveau et notre organisme réagissent positivement à un sentiment de nature qui peut être généré par la présence de quelques petits éléments. On connaît tous les bienfaits de la présence d’une plante verte dans un bureau ou dans un espace de vie, ou les effets agréables que peuvent générer un bruit de fond marqué par le chant des oiseaux – ou l’écoulement de l’eau. On peut même pousser le minimalisme jusqu’à ces petits jardins japonais dans lesquels le simple fait de pouvoir travailler le sable et quelques pierres sur une petite surface peut suffire à produire un apaisement.

Il n’est donc pas nécessaire de se déplacer au plus profond d'une forêt ou de transformer les établissements médico-sociaux en jungle étroites pour obtenir des bénéfices liés à la présence de la nature.

Des bienfaits pluriels et nombreux

Être présent dans la nature apporte de nombreux bienfaits cognitifs et physiques qui méritent d’être cités et reconnus. Ces bénéfices ne nécessitent pas forcement de très longues période d’immersion ou de contact. Ils peuvent être obtenus par des micro-expériences régulières ou de très légers aménagements. C’est d’ailleurs le pari de certaines techniques douces, comme le shinrin yoku - approche japonaise du bain de forêt qui permet en une vingtaine de minutes de bénéficier d’une véritable coupure physique et mentale. Le fait de bénéficier de ces apports physiques et psychologiques est particulièrement intéressant pour toutes et tous, mais encore plus dans le cas de personnes fragiles, affaiblies, malades ou en situation de handicap, pour lesquelles l’intégration d’une qualité environnementale du lieu peut participer au maintien des capacités ou à l’atténuation des effets de la maladie. Des études ont d’ailleurs montré que les malades hospitalisés ayant une vue sur des espaces naturels connaissaient des périodes de convalescence plus courtes.

La nature, un espace de mobilisation de nos compétences

Le fait d’être en contact avec la nature fait travailler nos sens, notre corps et notre esprit de façons différentes de celles extrêmement normées que nous impose la vie urbaine ou la vie quotidienne au travail. Sur le plan de nos sens, le contact avec la nature nous fait regarder, toucher, sentir, entendre et nous stimule d’une façon que le bruit de la ville ou le contexte des bureaux ne permet pas. Sur le plan physique, il nous fait souvent utiliser des muscles, une forme de motricité et de présence différentes là encore. Enfin sur le plan mental, le fait d’être dans la nature nous fait rêver, penser, réfléchir, reconnaître, observer...

Le contact avec la nature nous oblige donc à mobiliser des compétences et à activer des ressources que la vie quotidienne ne permet pas toujours de mobiliser dans un environnement artificialisé. C’est ainsi une stimulation et un exercice complet de remobilisation de capacités qui porte ses fruits dans l’ensemble de la vie quotidienne. Un contact régulier avec la nature, c’est donc la possibilité d’avoir des expériences et des stimulations élargis pour mieux se développer et rester en forme. Pour l’ensemble de ces raisons, on voit que la nature nous fait du bien et ne présente que des bénéfices !
Détaillons maintenant lesquels.

LES BIENFAITS DE LA NATURE

Nous vivons dans une société dans laquelle l’idée d’une séparation intérieur/extérieur est partagée. D’un côté, tout ce qui concerne l’individu : son corps, son esprit, ses émotions, sa volonté… Et de l’autre, un monde « autre », dont nous serions indépendants.

Cette notion implique par exemple que le bien-être dépend d’une disposition intérieure, et non de notre environnement.

Or, de plus en plus d’études scientifiques se penchent sur cette question et démontrent que de l’environnement qui nous entoure dépend une bonne partie de ce qui se passe en nous.

Pour ce faire, ces études se penchent sur différents paramètres quantifiables liés à notre santé et à notre bien-être, en comparant systématiquement environnements naturels et artificiels afin d’établir si, oui ou non, les milieux dans lesquels nous passons du temps ont une influence sur nous.

Si ces études peuvent sembler superflues pour beaucoup, tant il paraît évident que nous nous sentons mieux dans un environnement naturel que dans un univers de béton, il convient néanmoins de les citer pour celles et ceux qui, dans leurs activités, pourraient en avoir besoin pour argumenter. L’air du temps impose en effet que nous posions des chiffres sur nos ressentis afin de pouvoir les objectiver, et ainsi lever tout soupçon d’idéalisation de la nature.

Voici donc résumées quelques-unes des études scientifiques publiées sur le sujet :

  • Deux groupes, A et B, sont placés respectivement en forêt et en zone urbaine (Bunn-Jin Park, 2009). On leur demande de marcher dans cet environnement pendant quinze minutes, puis de se reposer sur une chaise longue pendant 15 minutes. Leur sac à dos contient un appareil de mesure de l’activité cardiaque sur un certain nombre de paramètres : pression artérielle, rythme cardiaque. Il en ressort que, si les deux groupes avaient, au démarrage de l’épreuve, les mêmes rythmes cardiaques et pressions systolique, le groupe A a vu, au cours de cette expérience, sa pressions systolique inférieure à celle du groupe B, que ce soit au moment de la marche comme au moment du repos. Le rythme cardiaque du groupe A, s’il a bien sûr varié selon qu’il était au repos ou marchait, est resté néanmoins inférieur à celui du groupe B, même à l’issue de la période de repos. À noter que la même expérience a été faite (Park, 2007) pour mesurer le cortisol salivaire (l’hormone du stress). Là encore, le taux de cortisol à l’issue d’une marche en forêt était à un niveau de concentration moins élevé qu’il ne l’était après la marche en zone urbaine.

  • Une étude menée à l’hôpital (Ulrich, 1984) a suivi sur dix ans deux groupes de patients subissent la même opération (ablation de la vésicule biliaire). Les patients du groupe A sont placés pour leur convalescence dans une chambre dont la fenêtre donne sur un mur de briques, tandis que les patients du groupe B ont dans leur chambre une fenêtre avec vue sur des arbres. Il en ressort que les patients du groupe B se rétablissent plus vite, demandent moins d’anti-douleurs et font preuve, aux dires du personnel soignant, de comportements plus agréables et positifs. À noter que la même expérience a également été tenté avec des posters montrant des paysages naturels au lieu d’une fenêtre donnant sur l’extérieur. Là encore, les résultats sont plus positifs pour le groupe B que pour le groupe A, suggérant que nous sommes faits pour réagir favorablement à la simple vue de la nature, qu’elle soit réelle ou simulée.

  • Une étude menée en prison (Moore, 1981) montre que, sur les 2648 détenus suivis, ceux dont la fenêtre donne sur du « vert » étaient moins agressifs et demandaient moins à aller à l’infirmerie que les détenus dont la fenêtre donnait sur un mur en briques.

  • Une étude menée dans les quartiers dits « sensibles » (Kuo & Sullivan, 2001) montrent que le taux de criminalité enregistré est inversement proportionnel à la quantité de nature visible dans les rues.

Si la lecture de ces données peut prêter à sourire, la pratique de la nature-thérapie, elle, est tout à fait sérieuse. Il s’agit d’endiguer une artificialisation exponentielle de nos milieux de vie et de nos comportements, car une renaturation de nos environnements et de nos pratiques ne peut avoir que des impacts positifs, qu’ils sanitaires, écologiques, ou encore sociaux.

Pour retrouver les études évoquées plus haut et en découvrir d’autres, vous pouvez vous rendre dans la rubrique « Ressources » en cliquant sur le bouton ci-dessous.